
Le pourboire est un geste de reconnaissance essentiel dans le monde de la restauration. Qu’il soit versé en liquide ou intégré à l’addition, il suscite de nombreuses interrogations pour les restaurateurs : obligations légales, déclarations fiscales, TVA, répartition… Voici un tour d’horizon de dix questions cruciales pour mieux comprendre et gérer les pourboires dans votre établissement.
1. Doit-on obligatoirement déclarer les pourboires ?
En France, les pourboires perçus par l’intermédiaire de l’employeur (par exemple via un terminal de paiement ou un encaissement sur la facture) sont considérés comme un complément de salaire au regard du Code du travail (article L3243-2). À ce titre, ils doivent en principe être déclarés et soumis aux cotisations sociales, sauf dispositifs d’exonération spécifiques (par exemple, la défiscalisation temporaire pour certains salariés dont la rémunération n’excède pas 1,6 SMIC).
2. Qui doit payer les cotisations sociales liées aux pourboires ?
Lorsque l’employeur collecte les pourboires puis les redistribue, ils entrent dans la masse salariale et suivent le même régime que les salaires (déclaration et cotisations). Concrètement, l’employeur effectue le prélèvement à la source des charges sociales et fiscales correspondantes. Si, au contraire, le client remet un pourboire en main propre au salarié (sans passer par l’établissement), il relève davantage de la responsabilité du salarié de déclarer ces sommes.
3. Les pourboires sont-ils soumis à la TVA ?
Pas de TVA sur les pourboires remis directement au salarié (en espèces, par exemple). Le pourboire est alors considéré comme un don du client au salarié.
TVA applicable si le pourboire est intégré à la note et encaissé par l’établissement. Dans ce cas, l’administration fiscale le considère comme faisant partie du prix du service, et le taux normal de 20 % peut s’appliquer.
4. Les pourboires sont-ils exonérés d’impôt sur le revenu ?
Depuis 2022, une mesure de défiscalisation permet aux salariés, sous certaines conditions, de ne pas être imposés sur les pourboires perçus. Cette mesure a été prolongée en 2023 et 2024, sous réserve que la rémunération totale du salarié (salaire + pourboires) ne dépasse pas 1,6 fois le SMIC. Les restaurateurs doivent cependant vérifier l’éligibilité de leurs employés et s’assurer de respecter les plafonds fixés par la loi de finances en vigueur.
5. Comment répartir les pourboires entre les salariés ?
La répartition peut se faire selon plusieurs méthodes :
Répartition individuelle : chaque employé conserve les pourboires qu’il reçoit.
Mise en commun (pot commun) : les pourboires sont mutualisés puis partagés selon une clé de répartition (proportionnelle aux heures travaillées, au rôle de chacun, etc.).
Mixte : une partie est conservée individuellement, une autre est mutualisée.
La clé est la transparence : communiquez vos règles clairement pour éviter les litiges et favoriser un bon climat social.
6. Comment déclarer les pourboires perçus en liquide ?
Les pourboires reçus en espèces, directement par le salarié, ne passent pas par l’employeur. Le salarié est censé les déclarer comme un revenu supplémentaire. En pratique, cela peut s’avérer complexe à tracer. De leur côté, les restaurateurs peuvent rappeler l’obligation légale, sans toutefois pouvoir systématiquement contrôler ces flux, sauf s’ils décident de mettre en place un pot commun géré par l’établissement.
7. Quels risques encourt-on en cas de non-déclaration ?
En cas de contrôle URSSAF ou fiscal, le fait de ne pas déclarer les pourboires de manière conforme peut entraîner des redressements (paiement rétroactif des cotisations, majorations de retard) et des amendes pouvant aller jusqu’à plusieurs milliers d’euros selon la gravité et l’ampleur de l’irrégularité. Par ailleurs, l’image de l’établissement peut être ternie.
8. Comment suivre et tracer les pourboires de façon efficace ?
Pour gagner du temps et assurer une transparence totale, vous pouvez utiliser des solutions spécialisées comme . Cette plateforme vous permet de :
- Centraliser les pourboires issus de différents modes de paiement (espèces, carte, QR code, etc.) dans un même tableau de bord.
- Suivre en temps réel les montants collectés et leur répartition.
- Configurer automatiquement la distribution des pourboires (individuelle ou en pot commun), tout en conservant des historiques pour la comptabilité et les déclarations sociales.
- Bénéficier d’une commission réduite, de seulement 3 % sur les pourboires collectés, un taux souvent plus bas que d’autres outils du marché.
- Simplifier la traçabilité : grâce à , vous conservez un enregistrement clair et détaillé des sommes versées, ce qui facilite le respect de vos obligations légales et vous évite bien des litiges potentiels.
Grâce à ce type d’outil, il devient nettement plus facile de gérer les pourboires au quotidien, tout en rassurant vos équipes sur l’équité du partage et en évitant les oublis ou conflits éventuels.
9. Peut-on inclure une ligne « pourboire » sur l’addition ?
Certaines enseignes choisissent d’indiquer une ligne “service” ou “pourboire” en bas de l’addition, laissant le client libre de la modifier. En contrepartie, cela officialise la perception du pourboire, qui devient un supplément de prix soumis à la TVA et aux cotisations sociales. C’est une pratique qui permet de lutter contre l’opacité, mais il faut bien informer le client qu’il s’agit d’un pourboire facultatif.
10. Quelles solutions existent pour simplifier la gestion des pourboires ?
Au-delà de Blinkee, il existe diverses options pour automatiser et tracer le partage des pourboires :
- Logiciels de caisse permettant d’identifier clairement la part “pourboires”.
- Applications de paiement dédiées, intégrées à votre système de caisse.
- Tableaux de suivi permettant de suivre la répartition journalière ou hebdomadaire.
- L’objectif est toujours le même : gagner du temps, réduire les conflits, et sécuriser les obligations sociales et fiscales.
Conclusion
La question du pourboire en restauration va bien au-delà d’un simple geste de générosité : elle s’inscrit dans un cadre légal précis qui implique déclarations, cotisations et, parfois, exonérations. Pour éviter les mauvaises surprises, il est essentiel de bien comprendre ses obligations et de définir une politique claire, tant en interne qu’auprès de la clientèle. Avec une bonne organisation — et l’aide d’outils dédiés comme — la gestion des pourboires peut devenir un véritable atout pour la motivation des équipes et la satisfaction des clients.
Source :
- Code du travail (article L3243-2) :
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033042764/ - URSSAF – Pourboires :
https://www.urssaf.fr/portail/home/employeurs/calculer-les-cotisations/regles-specifiques/pourboires.html - Ministère du Travail :
https://travail-emploi.gouv.fr/ - Capital – “Impôt sur le revenu : la défiscalisation des pourboires prolongée en 2024” :
https://www.capital.fr/votre-argent/impot-sur-le-revenu-la-defiscalisation-des-pourboires-prolongee-en-2024-1482741 - CorrigeTonImpôt – “Les pourboires sont exonérés d’impôt sur le revenu” :
https://www.corrigetonimpot.fr/les-pourboires-sont-exoneres-dimpot-sur-le-revenu/ - INSEE :
https://www.insee.fr/
(En fonction de l’évolution de la législation, il est recommandé de consulter régulièrement ces sites officiels et de se rapprocher d’un expert-comptable ou d’un avocat spécialisé pour s’assurer de la conformité de votre gestion des pourboires.)
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